Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


L'amour sera convulsif ou ne sera pas (Note d'intention du metteur en scène)


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" «L’amour sera convulsif ou ne sera pas» que j’ai écrit et que je mets en scène revendique un goût affirmé pour l’art qui ne se prend pas au sérieux. Un air de famille avec « l’informe » de Bataille : « Un terme servant à déclasser, exigeant généralement que chaque chose ait sa forme. Affirmer que l’univers ne ressemble à rien et n’est qu’informe revient à dire que l’univers est quelque chose comme une araignée ou un crachat.»
Comment passer de la verticalité à l’horizontalité. Et vice-versa. C’est exactement le sujet de «L’amour sera convulsif ou ne sera pas ». Une sorte de voyage sentimental et initiatique. Face à un réel qui lui résiste, la déborde, lui échappe. Tout un programme. Comme un photo-roman. Comme un film de Jacques Demy. Comme une peinture hollandaise. Ou encore comme le « Petit déjeuner sur l’herbe » de Renoir qui éternise des moments fugitifs et ordinaires. Sans oublier la petite soeur égarée des clochards métaphysiques de Becket.
Voire peut-être comme un aplat en peinture. Tout le contraire du plat. Sans effet, sans complaisance. Contre l’éloquence et la grandiloquence. « Contre l’asphyxiante culture » disait Dubuffet. Qui ne cherche pas à plaire. A faire « théâtre » A faire » auteure ». A faire « avant-garde ». A fuir en toutes circonstances. Au profit du balbutiement et du bégaiement.
L’écriture de « L’amour sera convulsif ou ne sera pas » : une langue réinventée, bricolée, atonale. Une langue idiote, en un mot. La mise en scène suit à la lettre cette écriture « informe », cette « idiotie là ». En un mot : l’idiotie comme un projet artistique. Pas comme une pathologie. L’idiotie comme une posture fondamentale, Irrespectueuse, sans pathos, ludique, fumiste.
Autrement dit : un art jouissif et subversif.

Plus concrètement:
Le phrasé des comédiens sera de l’ordre de la performance linguistique. Comme une transe ou une masturbation. Et de la performance épidermique. Comme pour le Butô : «Chaque soir, je mets l’échelle et je descends dans mon corps. ». Un corps qui déborde, qui explose le texte. Une certaine dualité entre le sonore, le visuel, le gestuel. Et des lumière très contrastées : alternance de lumières aveuglantes, chaudes, et de nuits éclairées au néon.
Au début de la représentation, le plateau baigne dans une lumière aveuglante. Elle écrase toute forme pour ne plus ressentir qu’une sensation d’immersion. Et en permanence : des brusques changements de rythme, dramatisés, affectés. Des parcours accidentés. Des chutes sonores. Des déplacements à quatre pattes. Comme autant d’expressions de leurs désirs, De leurs affects. Ou d’un dérèglement anthropologique.


Commentaire du philosophe Ruwen Ogien
Les formes les plus incompréhensibles de la folie humaine
Avec « L’amour sera convulsif ou ne sera pas » Jacky Katu nous propose une suite emballante d’expériences de pensée qui capotent, des bouffées de langage chaotique, d’images vagues, d’émotions indéfinissables, et de contacts corporels ratés. Il pousse à sa e la confusion des sentiments, des styles, des formes, et des mouvements. Dérision totale de l’amour aveugle, sourd, idiot, et attachement pathétique à cette émotion. Déchaînement effrayant des sens et timidité ridicule.
Sentiments purement mentaux et soudaines éruptions orgiaques Goût du mauvais goût absolu et amour de la beauté. Cette beauté qui selon André Breton doit être « convulsive » ou ne pas être. Sans prendre cette formule vraiment au sérieux, Jacky Katu l’applique à l’amour avec son humour ravageur et sa fascination de toujours pour les formes les plus incompréhensibles de la folie humaine."
Jacky Katu


La Manufacture des Abbesses

7 rue V�ron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


L'amour sera convulsif ou ne sera pas

Note d'intention du metteur en scène

Th��tre Pi�ce: L'amour sera convulsif ou ne sera pas

Jeu 21h
Ven 21h
Sam 21h
Dim 17h
Du 2 janvier au 15 février 2015