Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Nature morte dans un fossé (Note d'intention)


Création site Internet pas cher Paris par Netalapage


Dix-sept monologues, six voix, une victime, un assassin, une enquête.
Un ton froid, cynique, et désabusé.
Un verbe direct, lapidaire et cinglant qui fait néanmoins furieusement rire…

Véritable polar théâtral, « Nature morte dans un fossé » nous montre une société où la violence a tout phagocyté.

Les solitudes ne font ici que s’additionner, empêchant la réalisation de l’individu qui apparait dès lors constamment en conflit avec lui-même.
Le mal-être, unanimement éprouvé, rejailli donc nécessairement sur autrui dans une sorte de spirale infernale.
La violence dénoncée pourrait être enrayée si les personnages osaient affronter leurs difficultés au lieu de fermer les yeux et de fuir. Mais chacun préfère faire fonctionner le quotidien tant bien que mal, se cacher derrière une carapace, et apposer une belle couche de vernis pour tenter de masquer la souffrance.

La mise en scène proposée ici vise à exacerber cette violence, à la rendre palpable.
Pour renforcer le malaise, elle aussi appose une « couche de vernis » sur le climat agressif qui nous est montré, en utilisant un contrepoint pêchu et acidulé, voire acide (qui permet de mieux montrer l’horreur de ce qu’il cache), grâce au recours de différents moyens :


La vidéo

Faisant écho aux aspects très cinématographiques que recouvre ce texte, le choix a été fait de placer
un grand écran très immersif en fond de scène.
Différents types d’images sont projetés pendant le spectacle : des plans de ville ou de nature où se situe l’action en cours, des séquences scénarisées présentant des moments de vie de la victime, ou encore des gros plans du cadavre. C’est en jouant sur des filtres de couleurs vives, sur une esthétisation marquée des vidéos, ou encore en faisant éclater une bulle de chewing gum… que la vidéo remplit à la fois ce rôle d’accentuer la violence, et de jouer sur le décalage et le contrepoint.

La scénographie

Le décor, volontairement sobre, permet de faire ressortir le dépouillement du texte : une chaise, un canapé, une table, un paravent. Le tout modulable en un temps restreint (la table devient un bureau, un bar, un lit) car une multitude de lieux sont traversés dans le déroulement de cette enquête.
L’aspect ludique vient ici de cette impression de « fait maison » qui rend palpable toute la magie du théâtre : sa capacité à nous montrer le monde avec, pour seuls moyens, un plateau et deux-trois éléments clés.


Le jeu des comédiens

Si la pièce est sombre dans son propos, elle fait néanmoins une place importante à l’humour et au sarcasme.
Les comédiens ont été dirigés de manière à renforcer ces aspects du texte, pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.
De plus, la multiplicité des lieux traversés par les personnages nous a conduit à choisir le mime comme élément récurrent du jeu des acteurs (ils matérialisent de façon saisissante des lieux, des situations et des objets), produisant un décalage souvent comique avec l’aspect très réaliste du texte.


La lumière

Celle-ci joue un rôle essentiel, passant d’une ambiance à une autre suivant le personnage qui parle, le lieu où il se trouve, et l’état dans lequel il est.
On retrouve ainsi des lumières jouant le rôle d’indicateur spatial, temporel et d’ambiance (introspective, onirique, etc.) et des lumières plus connotées (gyrophare, stroboscope de boite de nuit, projecteur de scène de crime, variations d’un poste de télévision...). Là encore, la place accordée aux couleurs vives et flashies renforce le contrepoint.


La musique

Enfin, la musique complète ce décalage en englobant certaines scènes de mélodies joyeuses et enlevées, dans des sonorités électro-pop, à l'heure où l'on est au recueillement, aux soupçons ou à la peur.



Céline Lambert.



 


La Manufacture des Abbesses

7 rue V�ron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Nature morte dans un fossé

Note d'intention

Th��tre Pi�ce: Nature morte dans un fossé

le 3 mai à 21h puis, du 11 mai au 11 juin 2017, les jeudis, vendredis et samedis à 21h et les dimanches à 17h.